J'ai envie de faire taire ce bruit permanent dans ma tête. J'ai tellement envie de silence. Vous savez, ce silence qui règne quand on a envie de rien, que l'on attend rien. Il n'y a plus cette montée de dopamine lorsque l'on reçoit la notification que la commande a été expédiée, ou lorsque le colis est disponible au point relais. Mais il reste le calme.
Chaque jour je me réveille, et presque instantanément mes premières pensées vont vers une envie. Je me suis souvent levée en me disant "Chic, c'est aujourd'hui qu'arrive ma commande". Alors, depuis mercredi 18, je lutte chaque jour pour tenir ces pensées éloignées. Vous ne pouvez pas imaginer la bande-passante que cela occupe. Je pense que si ça s'arrête un jour, je récupèrerai 50% de mes capacités cognitives. Et malgré ma démarche très consciente, j'y pense sans cesse, je surfe sur des sites, je crée des paniers. Cela a tellement changé en vingt ans. J'ai la nostalgie de cette jeune femme qui certes, aimait déjà s'habiller et choisir ses pièces avec soin et son propre style, mais les sources d'inspiration et d'approvisionnement étaient bien moins nombreuses, et je ne crois pas avoir été dans un état de désir permanent.
Un jour, dans un film j'ai entendu cette réplique : "Être libre, c'est ne plus désirer". On retrouve cette idée dans la sagesse yogi, avec l'observance du contentement. Apprécier ce que l'on a. J'ai un dressing si plein. Pas débordant, non, ni incohérent, car depuis plusieurs années maintenant j'ai une politique d'intégration très limitative et qualitative. Mais cela n'empêche ni les erreurs d'achats, ni les envies-besoins...
Cette année, j'ai décidé de prendre un peu de recul avec mon dressing, et d'essayer, ESSAYER, d'y faire entrer le moins de pièces possibles. Je pense sincèrement de j'ai de quoi m'habiller pendant deux ans sans rien acheter., peur-être même davantage... Même chose avec les produits de beauté et d'hygiène, terminer, les pots, les tubes, le back up "au cas où".
J'espère revenir à l'essentiel, retrouver ma souveraineté. Oui, c'est ça, retrouver ma souveraineté.